« Une fois de plus, une fois de trop, je ne sais plus. Chaque jour passe sans qu’un seul je ne cesse de penser à toi. Cette fois-ci, ce n’est pas une histoire que j’écris, ce sera l’une des nombreuses lettres que j’ai pu t’écrire, une fois de plus. Une des nombreuses lettres que tu ne liras jamais, des lettres que j’écris quand je pense à toi puisque je n’en parle pas. Aujourd’hui, quand je me suis réveillé, j’ai gardé les yeux fermés car juste quelques instants avant j’étais en train de rêver de nous deux, et je ressentais encore tes lèvres sur les miennes. Malheureusement les rêves restent des rêves, certains se réalisent et d’autres non. Ils ne durent pas, certains restent gravés dans nos songes, et pour d’autres ce n’est pas le cas. On en oublie quelques uns puisqu’on préfère ne plus y penser comme certains nous marque par leur intensité, et parfois on préfère s’y réfugier tellement ils sont beaux comme parfois on les fuit parce que leur beauté nous empêche d’apprécier la vie, parfois si terne en comparaison. Cependant, nos désirs les plus fous s’illustrent en eux, et, par quelque hasard ils se réalisent. Alors, on croit que nos rêves ont la possibilité d’exister, et on s’accroche à cet espoir qui ne se réalise pas toujours une deuxième fois.
Moi, mes rêves étaient parmi les plus fous, et quand je me réveillais j’étais heureuse de revenir à la réalité, aussi peu extravagante soit-elle. Un jour, j’ai décidé de mettre fin à cet espoir absurde en te parlant, et j’ai réussi. Mes rêves ont cessé de prendre de l’importance, mais mes songes qui eux étaient bien réels, n’ont pas cessé d’être. Quelque chose en moi me chuchotait que je passais à côté d’un événement, quelque chose de plus qu’important. Émue, je me suis contentée de me dire que certaines choses ont raison d’être et d’autres pas. J’avais mis fin au refuge insensé, pourtant l’espoir ne se tait jamais. Alors quand tout a basculé cette nuit-là, je crois avoir enfin compris l’espoir qui continuait d’exister, et ce petit quelque chose qui me disait ce que j’avais risqué de perdre à tout jamais. Peut-être si j’avais vraiment cessé d’espérer, si mes rêves s’étaient vraiment tût, alors sans doute ne se serait-il rien passé, et j’aurais raté ma première vraie expérience dans la vie, ou l’amour.
Alors, les rêves ont raison d’être, sans eux certaines choses n’existeraient pas. Aller jusqu’au bout des choses, c’est se donner les moyens de réaliser ce qui nous paraît au dessus de tout. Mais aujourd’hui, alors que je me suis permise d’espérer au-dessus de la raison et que cela a donné ses fruits, est-ce que malgré le temps et les évènements puis-je encore me permettre d’espérer encore plus ? Les rêves peuvent se réaliser, mais pas toujours plusieurs fois. Alors je prends le risque d’être terriblement déçue, et sans doute triste. Pourtant, je t’aime et je t’aime, alors ce risque ne le vaut-il pas ? Se réfugier dans l’imaginaire peut avoir de graves conséquences, et c’est d’ailleurs souvent en sortant de celui-ci et en mettant à exécution que l’on réalise. Moi, je suis entre deux mondes.
Je me donnerai les moyens d’aller jusqu’au bout, même si ce sera peut-être sans récompense, mais pour cela je me réfugie et compte encore sur mes songes, rêves et mon imaginaire. Ce jour-là, peut-être cela ne fut-il pas aussi merveilleux pour toi, et même si je n’en sais rien je doute que tu aies rêvé de moi. Alors c’était sans doute moins magique, et peut-être est-ce pour ça que le lendemain n’a pas vraiment d’importance. Si tu savais comme j’aimerais lui en donner de l’importance, que tu m’aimes. Malheureusement, on demande toujours trop et, nos rêves sont là pour appuyer nos demandes trop permanentes. Il faudrait savoir être raisonnable, malheureusement je demande sans doute toujours trop et un jour, mes rêves les plus fous ne se réaliseront plus. Ce jour-là, peut-être mon amour pour toi se sera éteint. Du moins, je l’espère…
Nous aurons changé, toi comme moi. Alors il faudrait que j’éveille encore quelque chose en toi, mais l’occasion ne se présentera peut-être pas et, en attendant je me réfugie dans mes beaux souvenirs, leur donne une suite positive. C’est beau, c’est parfait, c’est tendre. Pourtant, c’est de l’imaginaire, qui est possible mais irréalisable à moins que tu m’aimes. Trop d’incertitude, une fois de plus. Je suis capable de t’aimer au-delà du possible, de supporter des distances et bien plus, mais tout cela je le garde pour moi. Car, après tout c’est facultatif, je suis une amie comme tu me l’as si bien prouvé le lendemain. N’est-ce pas ? J’ai du mal à faire semblant, et moi je ne sais pas si pour toi c’était une vérité, cette attitude. Avais-je été si éphémère ? C’était nécessaire, oui je le sais, et je jouais le même jeu bizarrement. Pourtant, j’ai eu l’impression que rien n’avait existé pour toi, l’impression d’avoir rêvé trop souvent et d’avoir fait semblant que la réalité devient songe finalement.
As-tu honte ? Une question qui me torture, et pourtant comment pourrai-je le savoir. On s’était mis d’accord, on n’en parlerait pas. Et je me demande même parfois si ça ne t’arrangeait pas que ça soit sans lendemain. Peut-être ne suis-je pas loin de la vérité, mais qu’importe. Mes rêves, doux et parfaits m’attendent. A l’infini, à jamais. Mon refuge est devenu mon temple, l’espoir est devenu le vent de l’au-delà, mes pensées sont devenues murmures insignifiants. Ils m’emportent, loin là où rien ne m’atteindra, si la réalité ne devient pas mon désir alors mon refuge s’écroulera pour toujours. L’extrémité de la chose, ce n’est pas de réussir, c’est de vouloir. J’aimerai, désire et veux plus que tout que tu m’aimes. Que mes rêves ne m’emportent à jamais, qu’ils décident d’exister pour que je ne m’enferme pas dans le monde du sommeil. Ne t’en veux pas, rien n’est de ta faute, bien au contraire. Tu m’as prouvé que le monde parfait existait, je désire seulement y retourner. Tu sais… Rien n’est plus beau que ce que j’ai vécu ce jour-là. Alors, ne le gâchons pas. Je t’aime, même réfugiée dans mon temple au loin, je t’aime éperdument. Une fois de plus… »



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sympa j aime bq