Sur La Langue La Musique La Confiance
Paris, le 2 /12/2006
Mon désire d’avancer dans la Vie, est parfaitement actif, et parfois, angoissant tellement que j’en éprouve le besoin.
I – Un Monde Intérieur
Je suis né en Inde, un certain 22 août 1979, dans le Tamil-Nadu – région dravidienne – sud-est de l’Inde. Je suis de langue psycho-biologique : Tamoule. Mon langage de naissance, est le Tamoul.
Abandonné dès ma naissance, ma Mère de naissance m’a porté dans un orphelinat, dans un ultime geste de désespoir et d’espoir en même temps. Un geste d’Amour, finalement. J’y ai vécu trois années, à travers des péripéties, des combats.
A l’âge de trois ans, le Destin me choisit, et m’offre une deuxième naissance. Après la naissance terrestre, voici que la Vie m’offre une naissance symbolique : l’Adoption. Cette naissance, je la vis comme la Preuve fondamentale, que dans la Vie, il y a nécessairement de l’Espoir – tant bien-même que celui-ci, est parfois difficile à trouver -. C’est aussi, je crois, une définition de la Vie.
L’Amour, est le résultat d’une longue et lente pérégrination entre Monde Intérieur (Culture, Motifs intimes) et Monde Extérieur (Civilisation, Mobiles extérieurs), selon la terminologie de Paul Diel (1893 – 1972). (Se référer à la Psychologie de la Motivation).
Cet Espoir, c’est la possibilité pour l’Homme, de vivre dans le Combat, afin de chercher la Vérité : l’Amour. Autrement-dit, l’Espoir résulte d’un effort sur soi-même – un combat intime –, donnant naissance à l’Amour. De ce fait, l’Amour, est le fruit de l’Expérience souffrante, douloureuse, mais surmontée par le Courage, la Combativité. L’analogie avec l’Ethique de Spinoza (XVIIè siècle) – sur les Affects – permet de comprendre mieux, en profondeur, ce en quoi, l’Espoir est la résultante d’une prise de conscience de l’affection – l’affectivité selon Diel – qui emprisonne la joie dans l’angoisse. C’est la possibilité de se redresser en partant de l’angoisse, ce qui, d’ailleurs, montre que l’angoisse, lorsqu’elle est maîtrisée, est source d’Élan de Vie.
Vulgairement, nous disons souvent, que l’Amour rend aveugle. En effet, l’amour affectif – celui qui est dépourvu de toute raison – génère nécessairement l’affectivité. A contrario, lorsque l’Amour, est guidé par la Raison – le Recueillement par exemple – il se libère de toute attache affective – les désirs (désirs accidentels), les tentations – , et puise sa source essentiellement, dans l’Émotivité – la Vérité (désirs essentiels), la Beauté – (à différencier d’affectivité).
Selon le philosophe et théologien Spinoza, l’Homme connaît la joie, dès lors qu’il prend conscience de la passion qui étouffe son âme. Une âme étouffée, conduit à la Mort de l’Âme. Dans le Mythe grec, cela correspond à la vanité. Par exemple, le mythe d’Icare. Chez Paul Diel, la Mort de l’Ame, se définit par l’absence de toute possibilité de redressement psychique : c’est la banalisation. Ainsi, la Prise de conscience de l’affection de l’âme – la vanité – permet-elle de redresser l’esprit, et de fait, d’avancer, de manière sensée, vers la Vérité objective : l’Amour.
Les indiens védas, disent dans la philosophie antique – 2000 ans avant notre Ere – que l’Homme doit combattre entre : ego négatif et Ego Absolu. L’ego négatif, correspond à l’ego subjectif . Psychologiquement formulé, c’est le refoulement, la vanité, l’angoisse non maîtrisée. Ce sont des images intérieures refoulées, non-maîtrisées, des désirs intimes non accomplis dans le Monde Extérieur, qui engendrent la mort de l’âme (la banalisation), donc l’affectivité. L’Homme, selon les Védas, doit atteindre l’Ego Absolu. C’est l’Ego Brahmâ : l’Ego cosmique. L’Ego Objectif, en ce qu’il tend l’esprit – il redresse l’Ame – vers l’Harmonie du Cosmos (ordre) / Chaos (désordre). L’Ego Objectif – l’Amour, donc le désir essentiel – s’obtient par le combat intérieur : l’introspection.
Pour sortir de mon refoulement (ou timidité), je réfléchis assez longuement sur la problématique fondamentale de la vanité. Tout se cristallise autour de la vanité : c’est je crois LA difficulté à surmonter, si je veux avancer dans la Vie. Pour cela, je cherche et j’espère comprendre de nouvelles choses, régulièrement. La Vie est fait de découvertes : c’est grâce à celles-ci, que je pourrais mieux comprendre le sens caché de la Vie.
Cette naissance symbolique, est donc pour moi, un Signe de la Nature. Un Signe m’indiquant le Chemin à suivre. Un Chemin très intérieur, fragile, ombragé, parfois lumineux, tortueux, mais combatif et sensible. Un Chemin où mes Guides sont nombreux : les Parents adoptifs, ma Soeur adoptive. Il y a aussi mon Professeur d’hymnologie (la Musique), sans oublier ma Famille, liée à l’Expérience de Vie : les quelques amis.
Toutes ces personnes, constituent dans ma mi-conscience, des Guides spirituels. Je suis attentif à leurs conseils. Dans la mesure du possible, j’écoute ce qu’ils me disent, et je fais en sorte d’appliquer leurs dires.
Aujourd’hui, il est presque sûr, que ma Querelle intérieure, est liée à la méconnaissance de mes origines. Cela s’exprime sous forme de nervosité : peur et angoisse. Peur liée au Mystère de la Vie. Une peur mythologique, liée à mon passé mythologique (bio-génétique). Et aussi, cela s’exprime sous forme d’angoisse, car subconsciemment, je dois avoir des résidus de mon passé, qui emprisonnent certaines parcelles de mon esprit dans l’ombre. Il est donc, fondamental, pour avancer dans la Vie, que j’apprenne à me connaître. En apprenant à me connaître, alors, je deviendrai réellement un Homme. Pour le moment, je ne suis qu’un Etre Humain, qui cherche, pour comprendre, afin d’essayer de Connaître l’Amour.
Ce qui, en effet, me conduit à entretenir une personnalité parfois sèche, froide, sévère, actrice, faussement joyeuse, introvertie. Autant de symptômes psychiques, typiques dans ce type de combat vital. Cette personnalité, n’est en fait, qu’un reflet de la mi-conscience. Mi-conscience, en effet, car en-deçà de la conscience, gisent les maux infectant l’esprit : le subconscient. Consciemment, j’adopte un rôle. Mi-consciemment, c’est le subconscient qui pilote une partie de l’esprit. Il y a joie, lorsque le surconscient annihile les maux de son opposé.
Selon, Coménius – Pédagogue et Philosophe tchèque du XVIè siècle – la langue est reliée directement à la Musique. Musique et Langue, ne font qu’un. Cette unité, est chargée de matière essentielle : psychologie (développée plus tard par Paul Diel 1893 – 1972), théologie, mythologie, philosophie, philologie. Tout ceci, forme la Musique, c’est-à-dire, la Langue biologique de naissance – selon le compositeur et théoricien tchèque Zoltan Kodaly fin XIX è siècle -.
Cette langue musicale de naissance, est liée à l’intuition. Ma pensée est nourrie par cette Langue, de façon surconsciente : c’est ce que Paul Diel, appelle la Culture psycho-biologique.
Cependant, mon langage surconscient – l’immédiateté nourrie par le motif – est lié à l’idéalité (le mobile) – selon Soren Kierkegaard (1813 – 1855) philosophe et théologien suédois – . Cela signifie, que mon émotion, est déformée par le langage conscient : le langage de la civilisation. Kierkegaard, postule même l’hypothèse selon laquelle la conscience formule de facto, la contradiction du langage immédiat. Cela montre bien, que l’Homme a une source de Vie intérieure. Cependant, il ne peut piloter sa conscience de façon entièrement lucide, car il est sans cesse aveuglé par la vanité. De la sorte, sa conscience se transforme en mi-conscience (selon Diel). Partant de cela, le langage de civilisation – celui usité tous les jours entre collègues par exemple – est faussé par les fausses motivations, enfuies dans le subconscient. De ce fait, l’Homme, même le plus intelligent, ne parvient-il pas, à exprimer de façon juste – au sens objectif de ce terme – son émotion : son langage immédiat.
Tout ce qui n’est pas formulé dans la civilisation, est refoulé dans la culture. Il y a angoisse. Cela, je pense, est la cause de mon état psychique mélancolique. J’en ai conscience. C’est aussi l’étape la plus importante.
II – Sur la confiance
Je pense, que quasiment personne, sur cette Terre ne se fait vraiment confiance. Et lorsque je parle de la confiance, c’est la définition que je proposais dans mon blog en avril 2006, en rapport avec le « Fiancé » dans la théologie biblique (référence biblique : Parabole des Cinq Vierges folles, et des Cinq Vierges Prudentes, dans l’Evangile de Matthieu) :
Confiance : Con-fiance ; Avec le « Fiancé ». C’est-à-dire avec l’Epoux.
L’Epoux, c’est Dieu. Dieu, c’est l’Amour.
Confiance, signifie donc, avec Amour. Les Coeurs se relient entre-eux par l’Amour. C’est le Mystère de la Relation.
D’où les mots très profonds : Copain et Eucharistie.
Copain : partager son Pain en demeure, avec une personne de confiance, donc d’Amour Essentiel.
Eucharistie : que cette confiance soit partagée tous ensemble, autour du repas, autour de la joie et de l’Amour : la Confiance, c’est l’Unité. Cela correspond à l’Ego Absolu.
Pour moi, la Confiance, est dépourvue de toute attache affective. C’est de l’Amour dans sa plus pure essence. Un Amour dure et doux à la fois. En ce que je ressens, il n’est nullement utile d’apporter des preuves matérielles pour cultiver une confiance. Celle-ci, s’entretien par le Coeur : l’Emotivité, c’est-à-dire, l’Amour.
Pour moi, l’Amour, est source de toute chose : du bien et du mal. Lorsqu’il est cultivé par l’Emotivité, alors il génère le bien. Lorsqu’il est cultivé par l’affectivité, alors il génère le mal, car il sombre dans la passion. Je crois qu’une Confiance peut durer éternellement, lorsqu’elle est entretenue par l’Emotion. Dès lors que la passion prend le pouvoir, alors la confiance se meurt petit-à-petit, car les âmes, sont affectées par la maladie spirituelle : l’affectivité.
Un Coeur sans raison, n’est pas un Coeur : c’est de la passion. Donc, de la fragilité : c’est croire en un idéal ; croire en un spectre ; croire en une ombre. Finalement, c’est croire en soi-même – c’est à dire à l’imagination intérieure – et c’est fuir la réalité en étant dans un idéal : c’est l’angoisse ; c’est donc la fausse joie. On n’est pas essentiellement joyeux. On l’est, par passion. Ce qui n’a rien à voir. Paul Diel, appelle la passion ainsi : une introspection projetée sur l’autre personne. Ce que l’on désire intimement, est projeté sur l’autre personne, sous forme moralisante – affective donc vaniteuse – ce qui conduit à une destruction de la confiance, à une destruction de la relation.
Il est donc important, je pense, de relier son Coeur à la Raison. C’est fondamental, pour aimer, de façon juste, une personne. C’est un Combat universel, qui a fait naître la Musique, la Danse, la Peinture, le Poème, la Mythologie etc. L’Homme de tout Temps, essaie de relier son Coeur à la Raison. La Raison, étant la Compréhension de l’Essentiel (ce qui correspond au surconscient, à la « divinité » dans le mythe). Mais la Raison peut être négative, lorsqu’elle est exaltée : c’est l’Intellect. C’est finalement de la névrose : c’est le mythe de la Sorcière. C’est à dire, un idéal exalté dans l’imagination, et que partant, chute dans le subconscient. C’est donc la Sorcière, c’est à dire, la Banalisation tendue vers l’esprit.
Il est donc tellement complexe de comprendre l’Essentiel. En revanche, il est si facile, si rapide, de se laisser emporter par son coeur, et de tomber dans la passion.
La Confiance, en ce qu’elle est liée étroitement à l’Amour, s’acquiert au cours d’une longue pérégrination semée d’épreuves à surmonter.
Conclusion :
La Confiance essentielle, s’acquiert d’abord en effet, par le Coeur. L’Echange Emotif (et non affectif ). Un échange d’Amour Essentiel, universel qui dépasse toute Convention. C’est un partage essentiel, d’Amour naissant, intuitif. C’est l’étymologie du mot « Copain » : co-pain : partager le pain. Lorsqu’il y a véritable confiance, on partage un bon repas, chez soi, avec la personne de confiance : la personne d’Agapé.
Cette Confiance essentielle, pour qu’elle ne sombre pas vers une confiance accidentelle, donc passionnelle, se doit d’être guidée par la Raison positive (donc non intellectuelle). Une raison Motivée par l’Emotion (l’intuition).
S’il y a équilibre des deux forces motivantes : Foi et Raison, alors, la Confiance, atteindra, petit à petit, les hautes sphères célestes, qui dépassent l’Entendement. Et c’est là, où apparaît la Liberté : le Rosier, ses branches infinies, ses fleurs d’Amour.
Peter BECHE